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Depuis sa découverte en France il y a un peu plus de 20 ans,...

le frelon asiatique affaiblit nos colonies d’abeilles qui ne savent pas se défendre. La Communauté des Communes du Haut-Béarn (CCHB) organisait samedi dernier au sein de « la Friche » une journée dédiée à sa capture.

C’est en 2004, à Agen qu’apparaît la première trace d’une colonie de frelons asiatiques. Des femelles fondatrices seraient arrivées au printemps dans une cargaison de poteries provenant de Yixing à l’ouest de Shanghai. À cette période propice de l’année, les colonies ont pu se développer normalement. Au printemps de l’année suivante, l’espèce avait commencé à s’étendre sur le territoire français. Fin 2006, les frelons asiatiques s’étaient déjà installés dans 13 départements du Sud-Ouest. Il colonise progressivement les pays voisins, l’Espagne depuis 2010, en 2016 c’est en Angleterre qu’on découvre un nid. En 2025, il est présent dans toute la France, y compris en Corse, et est responsable de beaucoup de destruction d’abeilles, qu’il dévore afin de satisfaire ses besoins en protéine. C’est donc tout naturellement, que Jacques Cazaurang a animé toute la journée de samedi 14 mars une journée dédiée à la capture de ce prédateur. Apiculteur en Vallée d’Aspe, il en est devenu un vrai « spécialiste », dès lors prodiguer ses conseils paraissait une évidence pour lui : « Depuis l’invasion du frelon, je me suis intéressé à cette prédation et j’ai fait de mon mieux pour en limiter la prolifération, c’est un gros danger pour les abeilles évidemment mais également pour la sécurité publique. »

Chaque participant est reparti avec son piège et la recette de l’appât

Toute la journée (de 9 heures à 17 heures), Jacques Cazaurang a animé une petite « colonie » d’amoureux des abeilles venus prodiguer des conseils tant à des professionnels que des particuliers pour combattre l’ennemi. Une véritable armée de bénévoles prête à lutter contre l’envahisseur. Les « armes » déployées durant cette journée furent : un petit film pédagogique sur le frelon asiatique suivi de nombreux échanges, particulièrement fournis, tant le sujet passionnait les participants à cette journée gratuite. Des ateliers pratiques consistant à la fabrication de pièges venaient clore chacune des séances qui se succédaient. Lors de ces ateliers, Jacques et ses amis fabriquaient des pièges à toutes les personnes présentes équipées de bouteilles en plastique. Sur celle-ci, il procédait à trois perforations (diamètre des trous de 8,5 mm) aux 2/3 de la bouteille. Partis avec leur bouteille percée, les participants n’avaient plus qu’à rentrer chez eux avec la recette pour préparer l’appât. Pour cela, il faut remplir un verre au ¾ de bière, ¼ de vin blanc et une cuillère à soupe de sirop de grenadine ou de cassis. Le vin blanc permet de repousser les abeilles. Il est conseillé de laisser le bouchon en place afin d’éviter la dilution de l’appât par la pluie et d’enduire de temps en temps le pourtour des trous avec du sirop, lorsque celui-ci a séché.

« Toute la journée, Jacques Cazaurang a fabriqué des pièges à frelons asiatiques et distillés quelques précieux conseils à tous les visiteurs »

Si la campagne de piégeage ne se généralise pas, il faudra employer d’autres méthodes…il ne faut pas en arriver là

Ensuite, il s’agit de positionner le piège à environ 1,50 mètres du sol. Au verger, au jardin, sur les terrasses et cabanons, proche d’arbres et arbustes en fleur. Pour Jacques Cazaurang, il y a urgence à lutter contre ce prédateur : « Il a commencé à envahir nos vallées, mais à présent, il va plus loin, on le trouve jusqu’à 1 200 mètres d’altitude, l’insecte a une grande faculté d’adaptabilité, il va là où il peut trouver à manger tout simplement. Tout ceci impacte nos apiculteurs transhumants  mais aussi tout le monde pouvant être confronté à ce problème. » La journée a été un franc succès, pour la grande satisfaction de l’élu : « Ma grande surprise a été de voir que parmi les visiteurs il n’y avait pas que des habitants de la communauté des communes, certains venaient des alentours, Gan, Monein, pour échanger, nous apporter leurs témoignages, leurs actions. Une telle mobilisation de la population fait plaisir à voir. » Pour lui, le succès de telles opérations est primordial dans la lutte menée : « le bouche à oreille va fonctionner, et il le faut car tout le monde est conscient que si la campagne de piégeage ne se généralise pas, il faudra employer d’autres méthodes qui seraient plus coûteuses pour la société, type formation de destructeurs mais aussi l’acquisition de perches, l’utilisation de drones ou de paint-ball qui vont disséminer des insecticides dans la nature et il ne faut absolument pas en arriver là ».

Texte et photo : Fabrice Borowczyk

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