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photo_kin-ball_2.JPGDans un monde où le sport se mesure souvent en performance....

individuelle, le kin-ball propose une autre voie : celle d'un ballon géant qui ne peut vivre qu'à travers la coopération. Ici, la sphère n'est pas seulement un objet de jeu, mais un symbole qui englobe, rassemble et oblige chacun à tendre vers l'autre.

La synchronisation n'est pas seulement un geste simultané, c'est l'harmonie des intentions. C'est dans le concert sportif mondial que le kin-ball s'inscrit, tel un orchestre symphonique au sein duquel chaque joueur est un musicien interprétant une note différente. Mais tous les instrumentistes doivent entrer promptement, l'instant d'une précision d'horlogerie suisse, afin de créer cette symbiose. Aussi le kin-ball n'est-il pas un art du mouvement collectif ? Son étymologie en est le reflet même. Issu du grec "kinêsis" qui signifie "mouvement" auquel on associe le substantif anglais "ball", le kin-ball a été créé en 1986 en terre québécoise par Mario Demers, professeur en EPS. 

Sphère immense et bienveillante, le ballon de kin-ball invite chacun à entrer dans sa ronde (Complexe Sportif de Rontignon le 2.11.2025)

Ne pas limiter la traduction du supplétif "ball" au sens large du ballon, mais plutôt de boule ou sphère, paraît on ne peut plus approprié. Car lorsque l'on dépeint les pourtours du maestro de cette consonance harmonieuse, c'est bien de largesse dont il s'agit. Les proportions du ballon de kin-ball officiel sont en effet prodigieuses : 1,22 mètre de diamètre pour un poids d'1 kilogramme. Deux baudruches en latex, gonflées à l'air, sont insérées et maintenues à l'intérieur d'une enveloppe en nylon, résistante et légère. Le poids aérien du ballon eu égard sa taille qui lui confère sa notoriété du plus gros au monde utilisé dans un sport collectif, le rend facilement manipulable par tous, adultes comme enfants. Sa dimension spectaculaire accroît sa visibilité de manière certaine. Elle gratifie le sport d'un aspect ludique et motivant envers, notamment, le jeune public, ce qui était l'objectif initial de Mario Demers. Cette mise en lumière est du reste accentuée par les couleurs officielles du ballon, auxquelles répondent réciproquement celles des chasubles revêtues par les joueurs : bleu, gris et noir (le rose se substituant parfois au bleu particulièrement dans le contexte scolaire). Cette association de couleurs, reconnue par la Fédération Internationale de Kin-Ball (FIKB) et utilisée dans les compétitions officielles, permet tout à la fois une uniformité mondiale comme une relative neutralité, puisqu'elle évite une association trop forte avec des clubs ou des nations, renforçant ainsi l'idée d'un sport universel.

Dans le kin-ball, la démesure du ballon devient la mesure du collectif

Cet amalgame de couleurs ne saurait être dissocié de l'appellation "Omnikin", laquelle est imprimée sur chaque ballon de kin-ball en guise de certification. Ominikin est une entreprise canadienne spécialisée dans la création de jeux et de ballons géants innovants, conçus afin de favoriser l'activité physique inclusive et ludique. C'est elle qui est à l'origine du développement du concept de kin-ball, bien au-delà des frontières du pays à la feuille d'érable. Omnikin est donc tout à la fois une marque et un concept sportif. Son étymologie fait écho à celle du sport dont elle reflète la pleine quintessence. Si l'accent est appuyé, par le "kin" du "kinêsis", sur le mouvement, la dynamique et l'esprit d'équipe, la racine "omni" renvoit, elle, à la notion d'université, soit un jeu pratiqué par tous, sans distinction d'âge, de sexe ou de niveau. Il s'agit bien là d'un sport où chacun est impliqué, où la coopération prime sur la compétition individuelle. La dimension spectaculaire du ballon de kin-ball n'est pas uniquement imputable à la recherche d'une visibilité appuyée. Elle fait en effet partie intégrante de la philosophie du kin-ball. Ce ballon géant est, à l'évidence, bien trop encombrant pour être manipulé seul. Les joueurs doivent nécessairement oeuvrer ensemble afin de le soulever, le frapper ou le réceptionner. Cette exigence renforce l'esprit d'équipe et l'inclusion, ferments du kin-ball. En sus, contrairement aux ballons aux dimensions que l'on peut qualifier de plus conventionnelles, celui de kin-ball se déplace lentement. Ce paramètre limite les risques de blessures et rend le jeu accessible à tous, y compris les débutants et les personnes moins sportives. Comme il implique d'autre part que tout le monde puisse participer : la force brute n'est pas l'atout principal. On l'aura saisi, le ballon est l'élément matériel constituant l'attraction centrale du kin-ball. Peut-on ne fût-ce que résister à la douce tentation de toucher ce gros nounours sympathique à l'allure un peu loufoque ? Comme de la nécessité d'être détrompé lorsque l'on s'essaie à câliner le fameux gros nounours. Il est farouche, indomptable, et il n'est pas de trop de trois équipes afin de tenter de le maîtriser. Car là est la seconde singularité du kin-ball, laquelle le rend pratiquement unique au monde. La quasi-totalité des sports collectifs reposent sur une opposition binaire. Ajouter une troisième équipe implique très rapidement les règles, l'arbitrage et la dynamique du jeu. Le kin-ball y parvient, animé par l'objectif de favoriser la coopération et la stratégie plutôt que la compétition pure. Le "three-sided football" s'y emploie, mais il est surtout pratiqué dans des festivals ou évènements alternatifs et non en ligues officielles, demeurant ainsi expérimental et non codifié comme discipline sportive officielle. Le Kin-ball demeure donc, à ce jour, le seul sport institutionnalisé et reconnu internationalement, qui fonctionne avec trois équipes en simultané. Ces trois équipes, composées chacune de quatre joueurs, s'affrontent sur un terrain carré de 21x21 mètres, pour une surface totale de 441 m². Les dimensions de l'aire de jeu sont définies de sorte à la rendre suffisamment grande pour permettre des déplacements rapides de trois équipes, sans qu'elle ne soit trop vaste, afin que la réception du ballon géant demeure possible, même avec une trajectoire lente. Le terrain de kin-ball est donc pensé pour équilibrer coopération, accessibilité et spectacle.

Dans le kin-ball, la loi du jeu est celle de l'inclusion

Un dé à six faces, portant les trois couleurs officielles précitées (deux faces par couleur sur les côtés opposés du dé), Lorsque le ballon est engagé, l'équipe appelée se doit alors de le rattraper avant qu'il n'impacte le sol, ou qu'une faute ne soit commise (ballon propulsé hors des limites du terrain par exemple). Lorsqu'une équipe commet une faute ou ne parvient pas à attraper le ballon, un point est attribué à chacune des deux autres équipes engagées. Une rencontre se joue en quatre périodes gagnantes de onze points chacune (la durée est cependant ajustable selon la spécificité des circonstances comme les catégories de joueurs ou le choix de matchs courts). Lorsqu'une des trois équipes parvient à neuf points, l'équipe au score le moins élevé doit quitter le terrain, et laisser les deux autres terminer la période. Le nombre total de points glanés est déterminé par celui de périodes remportées, avec un bonus de deux points supplémentaires attribué au vainqueur de la rencontre. Un temps de pause de trois minutes est alloué entre chacune des périodes disputées. Les principales fautes consistent en un ballon frappé sans annonce correcte (Ominikin + couleur), un ballon frappé de manière irrégulière (pas assez haut, pas assez loin), une mauvaise réception (ballon qui touche le sol), ou encore un retard ou une absence dans le port du ballon. Cette dernière faute incarne parfaitement l'esprit de coopération du kin-ball. L'on peut même affirmer qu'elle est forcée puisqu'il est impossible pour un joueur d'évoluer seul, tout le monde doit participer. La notion d'équité n'en est que plus inhérente car cette règle fondamentale permet d'éviter qu'une équipe s'appuie uniquement sur son joueur le plus fort. En outre, voir quatre joueurs porter ensemble un ballon géant avant la frappe est une image emblématique du kin-ball.

Le kin-ball peint la compétition aux teintes de la coopération (Complexe Sportif de Rontignon le 2.11.2025)

L'autre valeur fondamentale que véhicule le kin-ball est le fair-play. Provocations ou insultes envers adversaires ou arbitres, tricheries volontaires (exemples : annoncer mal intentionnellement, retarder le jeu), non-respect de l'esprit coopératif (refuser de participer au port du ballon, gestes antisportifs) et contestations excessives des décisions arbitrales constituent autant de comportements répréhensibles. Les sanctions en découlant vont de l'avertissement verbal à l'exclusion temporaire ou définitive, en passant par la faute technique (le jeu est arrêté, les deux autres équipes marquent un point chacune).  Le kin-ball est donc conçu afin de mettre en exergue les deux vertus fondamentales que sont la coopération et le respect. Il s'agit d'un sport particulier parce qu'il rompt avec la quasi-totalité des conventions des sports collectifs traditionnels. Contrairement aux sports classiques qui opposent deux camps, le kin-ball se joue avec trois équipes de quatre joueurs, fait qui change totalement la dynamique : il ne s'agit plus uniquement d'affronter un adversaire, mais de gérer une interaction triangulaire. 

Kin-ball : le jeu où le fair-play est la première règle et l'équipe, l'unique force

Le kin-ball se pratique avec un ballon aux dimensions hors normes, obligeant les joueurs à coopérer afin de le porter et le frapper puisqu'un seul joueur ne peut le manipuler efficacement. En sus, chaque frappe devant être précédée de l'annonce : "Omnikin + couleur" afin de désigner l'équipe appelée à réceptionner rend le jeu imprévisible et implique que toutes les équipes engagées se doivent de rester vigilantes en permanence. Par ailleurs si l'équipe appelée échoue à réceptionner, les deux autres équipes marquent chacune un point. Cela crée une logique où l'on peut perdre seul mais aussi gagner à deux, renforçant ainsi l'idée du coopération indirecte. Enfin, le kin-ball a été conçu pour être accessible à tous publics. La lenteur du ballon et l'importance de la stratégie collective réduisent les différences de niveau physique. Le kin-ball met donc en avant fair-play, respect et coopération plutôt que la performance individuelle. C'est donc un sport où la victoire n'appartient pas à celui qui frappe le plus fort, mais à ceux qui savent jouer ensemble. Son emblème le plus symbolique est assurément le ballon. Certes, il est géant, mais ce sont les liens entre les joueurs qui le portent vraiment.

Texte et photos : David Scavennec

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